EDITORIAL COLOMBIE
La Colombie actuelle a suivi un long chemin pour poser progressivement les jalons de la paix. Le pays a longtemps vécu un état de guerre permanente : la guerre civile qui a dévastée la Colombie entre 1946 - 1962 ; la guérilla marxiste contre la classe des propriétaires fonciers et la guerre contre les trafiquants de cocaïne qui l'a entraînée vers l'économie de la criminalité. Cette période représente pour la Colombie, des « années noires » car elle a contraint plus de cinq millions de personnes à abandonner leurs biens et à trouver un refuge dans les régions mieux protégées (1)
L’origine de cette violence sociale est la répartition inégalitaire des richesses du pays. Une minorité, 5 % de la population, a accaparée les meilleures terres spoliant ainsi les paysans et les indiens de leurs lopins. Cela a déclenché un cycle de violence avec la constitution des groupes armés, chacun voulant imposer ses intérêts partiaux, faute d’une instance souveraine capable de gérer le conflit. Une économie de criminalité s'est établie, mettant en péril les institutions démocratiques. L’image internationale de la Colombie s'est profondément dégradée car dans les années 2000 le pays se classait parmi les « failure states » dans les palmarès internationaux.
L’insécurité croissante a fait fuir les investisseurs et le mécontentement social grandissait du fait de la multiplication des enlèvements entre 2000 et 2001. Ce qui s’est traduit par un sursaut politique et une volonté ferme d’en finir avec la guérilla en reprenant le contrôle des territoires occupés illégalement par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Pour réaliser cet objectif, l'ex-président Alvaro Uribe n'a pas hésité à appliquer une thérapie de choc en utilisant des moyens militaires pour imposer de sérieux revers aux FARC. Bien que les stratèges de la guérilla aient été touchés par les raids, les résultats de cette politique sont plutôt mitigés. Il est en effet, difficile de parvenir à la paix par les armes. Un compromis politique qui assurerait une porte de sortie honorable aux guérilleros aurait permis de faire progresser de les négociations de paix (2).
Le président actuel de Colombie, Juan Manuel Santos semble avoir bien compris car il expérimente une nouvelle voie pour parvenir à la paix par des moyens légaux. La loi de dédommagement des victimes de crimes ou de spoliations a été promulguée en juin 2011 illustre la nouvelle orientation politique. Un processus de réconciliation entre les différentes factions est bien en cours et la Colombie peut espérer voir une « décennie d'espoir » succéder à la « décennie perdue », ce qui lui permettrait de rattraper le temps perdu. (3)
S'il réussit alors il est fort probable que la Colombie se métamorphosera de nouveau en un condor des Andes capable de vitesse pour rattraper ses retards et pour occuper les devants de la scène internationale avec l'entrée prochaine du pays dans l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)
(1) Alternatives internationales - janvier 2013
(2) Alternatives international, ibid
(3) Images économiques du monde 2013
Ce numéro spécial comprend :
- Aspect culturel : Et si l' Amérique latine dirigeait le monde ?
- La Colombie vue par un spécialiste : un eldorado ?
- Le focus : la Colombie séduit les entreprises françaises
- Les secteurs porteurs
- Un témoignage d'une PME française sur ce marché
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