Oman est peu connu des entreprises françaises qui privilégient l’Arabie Saoudite ou les Émirats arabes unis qui sont riches en ressources énergétiques. Les consommateurs de ces pays bénéficient d’un pouvoir d’achat en constante augmentation.
 
A l’opposé, Oman apparaît comme un pays pauvre du Golfe, dans la sphère d’influence britannique et qui a peu de réserves de pétrole.
 
Le pays a pourtant une très longue histoire. Dès l’antiquité, il était connu pour son encens acheminé via le Yémen, la Jordanie jusqu’aux côtes de la Méditerranée. Le commerce avec l’Inde et l’Afrique orientale au XIXe siècle, était florissant et a laissé une forte empreinte sur sa culture et ses traditions. Cette influence d’Oman dans la zone déclina suite à l’influence britannique croissante dans la région du Golfe.
 
En 1970, le pays a conquis son indépendance. Cette période coïncide avec l’arrivée au pouvoir du sultan Qabous et l’exploitation du pétrole en Oman, les premières exportations de pétrole datant de 1967.
 
La rente pétrolière a joué un rôle fondamental dans la réussite du modèle omanais. Le sultan Qabous réussit à l’utiliser pour poser les jalons du développement économique, pour unifier le pays qui était divisé en mettant fin à la guerre civile dans la région méridionale du Dhofar et pour créer les structures institutionnelles de l’État moderne. Les résultats obtenus sont spectaculaires car, en 1970, le pays n’avait que 10 kilomètres de routes goudronnées, trois écoles primaires et un hôpital sur l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, il compte 57 hôpitaux, 1,6 médecin pour 1 000 habitants et 1 200 écoles. Le taux d’illettrisme est tombé à 1,5 % parmi les jeunes de 15 à 24 ans. 1
 
Mais le produit phare d’Oman qui a fondé la réussite du modèle est en perte de vitesse. Sa production du pétrole n’était que de 38 millions de tonnes en 2009. À titre de comparaison, l'Arabie Saoudite produisait 459 millions de tonnes et les Émirats arabes unis 120 millions de tonnes dans la même année 2
 
La fin prochaine du pétrole d'Oman signifie-t-elle la fin d’un modèle ? Cette question met dans l'embarras les responsables des politiques économiques tant elle marque un tournant de l'histoire économique et politique du pays
 
La découverte du gaz en 1985, au centre du pays, a focalisé tous les espoirs de trouver une autre vache à lait semblable à l'or noir. Mais Oman ne détient que 0,5 % des réserves mondiales. De plus, cette ressource vedette est en même temps un dilemme pour le pays car sa rentabilité est plus faible que l'or noir et la concurrence régionale très forte. Le Qatar et l’Iran, par exemple, concentrent à eux deux 30 % des réserves mondiales avec des coûts d’extraction plus compétitifs  
 
Oman est au milieu du gué car son produit phare est en déclin. Ses paris sur certains secteurs, moteurs de l'économie pour compenser les pertes, l'exposent à une forte concurrence régionale.
 
Le pays est à la recherche d'un nouveau modèle qui lui permettrait de dépasser les paradoxes d'une croissance en trompe-l’œil qui enterre l’avenir au lieu de le préparer. Une croissance réellement durable reste encore à inventer.
 
(1) Alternatives internationales, septembre 2006
(2) Images économiques du monde, 2011
(3) Alternatives internationales, ibid
 
Ce numéro comprend :
 
- Une fiche pays
- Oman vu par le spécialiste : un pays à la croisée des chemins
- Un focus : quelques clés pour réussir en Oman
- Des secteurs porteurs
- Exporter en Oman : mode d'emploi
- Des foires et salons au Moyen-Orient
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